Les Français face à une crise multidimensionnelle en février 2026 (Sondage MIS Group pour France-Soir/BonSens.org)
Un nouveau sondage réalisé le 5 février 2026 par l’institut MIS Group pour France-Soir et BonSens.org révèle un tableau sombre des préoccupations des Français. Mené auprès de 1 200 personnes représentatives de la population adulte, ce baromètre met en lumière un sentiment persistant de déclassement économique, un rejet massif de l’exécutif, des inquiétudes sécuritaires et internationales, ainsi qu’une défiance profonde envers les institutions, les médias et les politiques sanitaires. Comparé à la vague de novembre 2025, les tendances se confirment ou s’aggravent légèrement, soulignant une fracture durable entre les citoyens et les élites. Cet article décrypte en détail les résultats. Quatre grandes fractures émergent : le rejet politique, l’angoisse économique, la défiance systémique et le choc sanitaire.
Méthodologie : la précision d’un diagnostic national
L’institut MIS Group a interrogé 1 200 personnes, un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, en appliquant la méthode des quotas sur le sexe, l’âge, la catégorie socio-professionnelle (CSP) et la région. Le mode de recueil est un questionnaire auto-administré en ligne (CAWI). Les dates de terrain pour cette vague sont le 5 février 2026, avec des comparaisons à la vague de référence du 30 novembre 2025.

Le pouls économique : le déclassement comme norme
Le premier constat sur l’économie est sans appel : 40 % des Français estiment que leur situation a empiré ces six derniers mois, confirmant un déclassement perçu. Si ce chiffre marque une amélioration marginale par rapport aux 42 % de novembre 2025, l’optimisme reste une exception (10 %).

L’inflation qui touche les besoins essentiels, exacerbant les inégalités et alimentant un malaise quotidien, est le moteur de cette anxiété. Les produits alimentaires sont jugés comme le domaine le plus sensible par 55 % des sondés (contre 52 % en novembre), devant l’énergie électrique (32 %). Cette pression sur les besoins vitaux durcit l’opinion : 95 % des Français soutiennent désormais un effort drastique pour éliminer la fraude et le gaspillage des deniers publics.

Face à l’inflation, ce consensus quasi-total sur une bonne gestion de l’État indique une soif de transparence et d’efficacité, potentiellement un appel à des réformes structurelles. Le « bouclier national » devient la réponse plébiscitée. 91 % des Français sont favorables à la préférence nationale pour les achats de l’État, et 83 % souhaitent suspendre les versements à l’UE pour s’opposer à des décisions comme le traité Mercosur.

Concernant les responsabilités, 69 % pointent du doigt les dirigeants français (Emmanuel Macron en tête), loin devant Ursula von der Leyen (14 %) ou les États-Unis (5 %). Fait marquant, 48 % jugent que l’UE existe aux dépens de la France.

Sur la sécurité et les frontières, les Français expriment une volonté de fermeté : 64 % souhaitent l’arrêt total de l’immigration (stable vs novembre), et 90 % soutiennent l’expulsion immédiate des clandestins ayant commis des crimes. La sécurité est vue comme un prérequis non négociable, reflétant des peurs liées à l’insécurité et à l’intégration.

Politique : le rejet viscéral de l’exécutif
La fracture émotionnelle est béante. 73 % des Français jugent qu’Emmanuel Macron est un « mauvais président » (contre 71 % en novembre). Les Français expriment leur désaveu par des sentiments forts : 65 % déclarent avoir « honte » de leur président et 78 % pensent que ses actions divisent le pays. Son intervention à Davos avec des lunettes de soleil a particulièrement marqué : 47 % des Français ont eu honte, estimant que la France était devenue « la risée du monde ». Une véritable fracture émotionnelle, où le leadership est perçu comme toxique.

La sanction politique est claire : 58 % des sondés souhaitent la démission d’Emmanuel Macron, dont 41 % « au plus vite ».
Le gouvernement Lecornu ne bénéficie d’aucun état de grâce. 73 % des Français n’ont pas confiance dans le gouvernement (contre 74 % en novembre), 83 % le jugent incapable de réformer le pays, et 78 % estiment qu’il n’agit pas dans l’intérêt de la population. Le Premier ministre Sébastien Lecornu essuie lui-même une défiance de 59 %.

Ces chiffres soulignent une défiance institutionnelle ancrée, potentiellement explosive pour la stabilité politique avec 75% des Français qui estiment « la corruption trop importante en France», 58% que la Justice n’est pas indépendante. Et 59% que des doutes d’abus de pouvoir et de corruption existent sur Ursula von der Leyen et la Commission européenne.

La France dans le Monde : peur de l’escalade et appel à la paix
Le sentiment de déclin international est partagé par 64 % des Français. La Russie est perçue comme la menace principale (57 %), suivie du Proche-Orient (49 %) et de la Chine (20 %).

Cependant, l’angoisse d’un conflit majeur est palpable : 67 % ont « peur de l’escalade guerrière ». 52 % sont d’accord pour que la France n’envoie pas d’armes dans les pays en guerre, et 50 % estiment que les dirigeants UE ne font pas tout pour la paix (vs 59 % en novembre 2025). Ces données montrent une prudence face aux engagements militaires. De plus, 60 % des Français sont contre la mutualisation de son arme de dissuasion nucléaire tel que le prévoit Emmanuel Macron.

Sur le dossier ukrainien, le consensus est massif pour une sortie de crise diplomatique : 90 % estiment que la paix en Ukraine est une nécessité urgente et 86 % souhaitent que l’Ukraine négocie un règlement au plus vite, contre seulement 14 % prônant la continuation de la guerre. Cet appel massif à la paix et à la neutralité reflète une fatigue guerrière chez les Français.

Concernant l’aide militaire, 41 % souhaitent l’arrêter ou la réduire (stable par rapport à novembre 2025) et 31 % veulent la maintenir (vs 30 % en novembre 2025).

Le modèle de l’Europe des Nations est plébiscité par 65 % des citoyens (vs 58 % en novembre 2025, +7 pts), contre seulement 14 % pour l’Europe fédérale. Cela confirme le virage souverainiste.
Médias et information : une rupture de confiance irréversible
Le baromètre révèle un « cercle vicieux » de la méfiance institutionnelle. 74 % de défiance envers le gouvernement alimentent une remise en cause massive de l’objectivité des médias par 64 % des Français.

La rupture est consommée : 65 % jugent les médias TV mainstream (TF1, France TV, BFM) non-objectifs, et 56 % déclarent ne plus les consulter.

Conséquence directe, 47 % des Français s’informent désormais principalement via des médias alternatifs. Cette bascule rend 51 % de la population perméable aux récits dits « alternatifs ». 46 % des Français déclarent croire à certaines théories dites « du complot », dont les thèses sur la nocivité cachée des vaccins (55 %) ou le mensonge systématique des médias pour protéger les élites (44 %), ou encore que les vaccins Moderna/Pfizer ont empêché la transmission du virus. Ces théories sont dites « du complot » par l’étiquetage des médias mainstream qui ne vérifient pas les dires des autorités, créant ainsi une réelle pollution informationnelle.

Santé : un contrat de confiance rompu
La défiance sanitaire atteint des sommets. Dans un contexte où 55 % des Français sont opposés à certains vaccins (vs 59 %), 81 % des Français déclarent qu’ils ne feront pas le nouveau vaccin Covid en 2025. Le rejet s’étend à la grippe (70 % de refus).

La cause ? 47 % citent les mensonges du gouvernement comme raison principale de leur perte de confiance. 55 % accusent le ministère de cacher la nocivité des vaccins (vs 49 %), et 49 % estiment que les médias n’ont pas bien informé sur les risques de la vaccination (vs 56 %). Le mensonge perçu érode la légitimité.

L’alerte est également médicale. 66 % perçoivent une « augmentation explosive » des cancers. 54 % estiment qu’il y a beaucoup d’effets secondaires de la vaccination covid. Et, 46 % des vaccinés covid affirment avoir subi des effets indésirables, dont 15 % d’effets importants ou majeurs.

L’exigence de transparence est totale : 87 % demandent une enquête officielle sur les causes, et 47 % jugent anormal que le lien avec les vaccins à ARNm ne soit pas étudié. 49 % jugent que le gouvernement n’a pas bien géré la crise sanitaire covid.

62 % des Français déclarent que la confiance perdue n’est pas due aux réseaux ou aux antivax. Les Français demandent aussi que toutes les voix scientifiques soient entendues, citant les Prs Perronne et Raoult (57 %). 48 % des Français sont pour que le gouvernement protège plus les lanceurs d’alerte qui sont allés à l’encontre du narratif officiel sur les traitements précoces, sur l’origine du virus ou sur les vaccins. Et 44 % des Français estiment que le rapport sur la désinformation en santé n’est pas objectif.

Intentions de Vote : Le RN et le « Parti du Rejet »
Si des élections avaient lieu demain, le paysage politique serait bouleversé. Le Rassemblement National domine largement avec 31 % des intentions de vote au 1er tour. Cependant, la deuxième force politique réelle est le « Parti du Rejet » avec 28 % (cumulant 11 % pour « aucune personnalité » et 16 % pour « aucun parti »). La majorité actuelle (Renaissance/Modem) est balayée avec seulement 10 %.

Pour sortir de cette impasse, les Français plébiscitent le Référendum d’Initiative Citoyenne (75 %), montrant le désir de démocratie directe et d’autonomie. La primauté de la loi française sur les traités (52 %) et le soutien à une sortie de l’UE (Frexit) progresse à 48 %.

Un plébiscite pour la souveraineté : 64% des Français estimant que l’influence de la France diminue sur la scène internationale ; et 60% des Français pensent que le gouvernement a peu de pouvoir, tout étant décidé à Bruxelles, avec comme on l’a déjà noté 65 % des Français qui veulent une Europe des Nations (vs 15 % en faveur d’une Europe fédérale).

Conclusion : la « Sédition » comme état social ?
Ce sondage de février 2026 confirme un malaise profond, avec des tendances stables ou en légère évolution depuis novembre 2025. L’économie, la sécurité, la géopolitique, les médias et la santé convergent vers un rejet des élites et un appel à la souveraineté.

La synthèse finale est alarmante : la France vit un divorce sur quatre fronts : émotionnel (65 % de honte), économique (40 % de déclassement), sanitaire (81 % de refus vaccinal) et médiatique (65 % de rejet). Ces ruptures convergent vers un état de « sédition » larvée, où les élites ont perdu toute emprise sur le récit national, de par leurs actes, leur incapacité à écouter et répondre aux besoins des Français. L’ombre de la plaie laissée par le non-respect du vote des Français au référendum sur le traité ratifiant la Constitution européenne, couplée avec les erreurs successives et cumulées de la gestion des finances publiques ainsi que celles de la mauvaise gestion de la crise sanitaire, expliquent en grande partie les causes de ces fractures.
Face à ces signaux, les décideurs doivent écouter pour éviter une crise plus grave. France-Soir et BonSens.org continueront à monitorer ces évolutions.
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