Levures et alimentation : Projet mené par le Pr Seralini et soutenu par BonSens.org
Dans la collection Les Carnets du BonSens, l'association BonSens.org présente des projets de recherches scientifiques que nous soutenons.
Levures et Alimentation : le Professeur Gilles-Eric Seralini présente son projet de recherche sur l’intérêt des levures dans l’alimentation avec des propriétés anti-cancer et detoxifiantes.
En résumé :
Le Pr Gilles-Éric Séralini et son équipe étudient, avec le soutien de BonSens.org, le rôle bénéfique des levures naturelles (présentes sur fruits, légumes et vins bio/non traités) dans le microbiote intestinal.
Points clés :
Ces levures ont des propriétés anti-cancer, détoxifiantes, antioxydantes, aromatiques et protectrices contre infections et maladies chroniques.
Elles sont détruites par les pesticides/fongicides dans l’agriculture industrielle.
Premiers résultats (sur vins naturels vs traités) : plus grande biodiversité de levures bénéfiques dans les produits non traités, avec des effets positifs sur la santé et l’environnement.
Le projet vise à promouvoir l’agriculture sans pesticides et la prévention des maladies chroniques via une meilleure connaissance de ces levures. Des publications scientifiques ont déjà été publiées et d’autres sont en cours.
En images
Détails du projet de recherche
Les levures naturelles sur les produits bio cultivés à la ferme ou à la vigne enrichissent-elles le microbiote intestinal, la santé et la détoxification ?
Nos précédents travaux publiés dans des revues scientifiques internationales, puis explicités dans des conférences grand public sur plusieurs continents, mais aussi dans nos livres en français et traduits en espagnol, anglais, allemand, japonais, macédonien, polonais… (www.seralini.fr) ont permis de comprendre les dangers des OGM et des pesticides, en particulier des herbicides Roundup à base de glyphosate et autres, et de gagner concrètement, grâce à des expertises auprès des avocats américains, les grands procès contre Monsanto aux Etats-Unis, mais aussi de conseiller de nombreux gouvernements à travers le monde, et aujourd’hui des acteurs sociaux (80 Mutuelles avec la coalition Secrets Toxiques www.secretstoxiques.fr , dont nos travaux ont inspiré les actions, et ce après avoir fondé le Criigen…), en matière notamment d’agriculture biologique.
Quels risques pour la santé, quelles maladies ?
Mon équipe travaille depuis 30 ans sur la compréhension de la genèse des maladies chroniques, et nous nous inscrivons avec de nombreux autres travaux dans le monde dans la découverte des mécanismes induits à ce niveau par les polluants.
En fait, les maladies chroniques sont celles qui induisent des traitements médicaux chroniques, et notamment dans les pays où ils ne sont pas remboursés ni bien fournis, des souffrances importantes constantes, voire la mort. Il s’agit de cancers, maladies nerveuses, inflammatoires, immunitaires, dérèglements hormonaux, de la reproduction, malformations à la naissance, hypofertilité… Même dans les pays industrialisés, ces maladies métaboliques sont devenues la première cause de mortalité ou morbidité (1 européen sur 3, 1 américain sur 2…).
Si des causes génétiques ne sont pas à exclure, elles ne peuvent pas expliquer une progression explosive de ces maladies en 50 ans, ni la baisse de l’espérance de vie en bonne santé, nommée qualité de vie.
Nos études ont montré par exemple que tous les perturbateurs endocriniens reconnus par l’Organisation Mondiale de la Santé, dits aussi hormonaux, sont aussi des perturbateurs nerveux qui peuvent induire des maladies de dégénérescence nerveuse :
http://www.seralini.fr/wp-content/uploads/2021/09/seralini-jungers-2021-toxrep-ends.pdf
On savait déjà scientifiquement comment ils induisaient des cancers.
Nous avons donc développé la théorie des « spams chimiques », provoquée notamment par des pesticides, qui sont dérivés du pétrole, des métaux lourds, et des plastifiants d’ailleurs aussi dérivés du pétrole, ou y étant présents comme les métaux lourds. Tout cela empêche la communication cellulaire, chimique (hormonale) ou nerveuse (électrique), cruciales pour maintenir la santé.
Contre quels effets délétères le projet s’inscrit-il ?
Récemment, nous avons découvert que des organismes infiniment petits méconnus du microbiote, les levures, ou champignons microscopiques, pouvant y coordonner les bactéries utiles à la santé, peuvent aider à détoxifier notre corps et l’environnement :
http://www.seralini.fr/wp-content/uploads/2023/05/seralini-2023-gut-fungiome.pdf
…Et donc aider à soigner et prévenir les maladies chroniques !
Malheureusement, ces levures sont tuées par les fongicides, d’autres pesticides, mais aussi là où elles se développent dans l’écosystème, qui se trouve de plus en plus dégradé. Elles sont aussi à l’intérieur de notre corps, où elles sont endommagées par l’alimentation industrielle, laquelle contient notamment des pesticides et des micro- et nano-plastifiants. Ils sont des milliers de fois plus dangereux que les produits biologiques, qui eux les contiennent infiniment moins :
http://www.seralini.fr/wp-content/uploads/2022/03/seralini-douzelet-jungers-2022-food.pdf
Quelles conséquences bénéfiques par les levures naturelles ?
Il est donc urgent de mieux connaître les levures naturelles (qui sont présentes sur les fruits et légumes naturels) dans un environnement préservé, et dans notre microbiote, qui, on le sait aujourd’hui médicalement, contribue de manière importante à la santé. Il s’agit de restaurer le microbiote, notamment par les levures. Ceci est d’autant plus vrai que les probiotiques (levures et bactéries) et prébiotiques (nutriments les nourrissant) en poudre commercialisés contiennent très peu (1 à 3) espèces de levures, alors qu’il en existe des dizaines d’espèces, voire plus, qui peuvent contribuer au développement de l’espèce humaine et à la biodiversité depuis des centaines de milliers d’années.
Comment ces résultats de recherche peuvent influer sur la santé humaine et animale, et dans l’environnement ? Par quels moyens ?
Nous venons de démontrer par nos PREMIERS RESULTATS dans ce projet la présence de levures anticancers, aromatiques, détoxifiantes, protégeant d’infections, importantes dans la phytothérapie, la médecine chinoise, mais aussi contre des maladies bactériennes, favorisant d’autres bactéries utiles dites symbiotiques, antioxydantes. Celles-ci sont sur le raisin et donc leur ADN est dans le vin naturel qui est non traité aux pesticides.
La fermentation étant liée aux levures, le vin est un des produits fermentés les plus courants et les plus anciens, mais les levures existent partout sur les fruits et légumes non traités, et participent par leur existence à leur fermentation naturelle et leur conservation.
Nous ne les connaissons pas encore bien scientifiquement. C’est le but de ce projet de savoir comment elles sont répandues dans l’alimentation préservée.
Ce projet est donc d’importance pour aider au niveau sanitaire et environnemental le développement de l’agriculture non traitée, cela par de nouveaux arguments et des nouvelles connaissances, en plus de ce que l’on sait sur la diminution nécessaire des pesticides de synthèse à ses alentours pour la préserver ; et on pourra ainsi participer au soin et la prévention des maladies chroniques et de l’écosystème, ainsi que leur régénération.
Le Projet en 2026
Dès 2019, un financement de la Fondation Alpes Contrôles est cité dans les remerciements de ce qui a été publié grâce à ce projet, dans une revue internationale :
http://www.seralini.fr/wp-content/uploads/2021/04/1616146188-article-pdf885528235.pdf
Le modèle d’un des produits de consommation les plus emblématiques et générateur de pollutions environnementales et physiologiques par les pesticides, lorsqu’il est industriel, le vin, a été étudié au niveau de son usage des pesticides, du cuivre, puis du soufre et de leurs conséquences. Cette étude rejoint nos précédentes recherches publiées, notamment sur le goût des pesticides, du soufre et du cuivre, et de leurs effets sur la santé.
Ce soutien nous a permis d’élargir ce travail aux levures et bactéries de l’alimentation, et leur rôle dans la fermentation naturelle, et dans notre organisme.
Ce travail a nécessité, dans un premier temps, depuis le second financement en 2022, un échantillonnage rigoureux et difficile de prélèvements de couples de produits naturels et voisins traités chimiquement dans 14 biotopes différents, sur 3 années.
Ensuite, il a fallu mettre au point des techniques spécialisées, coûteuses et spécifiques, d’extractions et d’amplification, mais aussi de séquençage d’ADN, notamment avec un laboratoire allemand puis californien, et avec le King’s Collège de Londres.
L’analyse des résultats est passionnante et vous est livrée ici sous forme synthétique en français, tandis qu’elle est détaillée pour une revue scientifique internationale en anglais. Ces résultats novateurs et uniques donneront lieu à d’autres publications et ouvrent des perspectives de détoxification et de protection de l’environnement. Elle demande néanmoins à être approfondie et poursuivie, en l’étendant à d’autres modèles de lieux, de légumes et de fruits.
Résultats :
Microbiote naturel des vins : comparaison avec ceux traités aux pesticides
Robin Mesnage (1,2), Jérôme Douzelet (3), Gilles-Eric Seralini (4#)
Adresses des signataires: (1) Buchinger Wilhelmi Clinic, Wilhelm-Beck-Straße 27, 88662 Überlingen, Germany (2) Department of Nutritional Sciences, School of Life Course Sciences, Faculty of Life Sciences and Medicine, King’s College London, SE1 9NH London, UK (3) Spark-Vie, France (4) University of Caen Normandy, Network on Risks, Quality and Sustainable Environment, and Department of Biology, Esplanade de la Paix, 14032 Caen Cedex France # Corresponding author
Résumé de ce qui constitue l’article scientifique
La fermentation est à l’origine d’un large éventail de produits de consommation, notamment le pain, le vin, la bière, le fromage, le café, la vanille, le kéfir et bien d’autres. Les levures, du règne des champignons, jouent pour cela un rôle prépondérant. Elles contribuent à la conservation, aux arômes, à la digestibilité et à de nombreuses fonctions possibles du microbiote.
Méthodes et échantillonnage
Le séquençage ciblé de l’ADN bactérien et fongique a été soigneusement effectué sur 46 bouteilles de vins bien identifiées. Les couples de bouteilles ont tous été choisis par des appréciations de spécialistes ; les vins étaient commercialisés. Ils provenaient de vignobles dans toute la France et un au nord de l’Italie. La spécificité de cette étude réside dans le fait que tous les couples ont été choisis parmi des voisins très proches, à la fois pour la récolte et la production ; il s’agissait d’éviter les différences climatiques et écosystémiques. Ils avaient également des tailles d’exploitations et des méthodologies similaires, et chaque couple était également composé de la même variété de raisins. La différence majeure a résidé alors dans le fait que dans chaque couple on trouve un vin naturel, c’est-à-dire fermenté spontanément sans aucune adjonction microbienne artificielle, naturelle, ni chimique, et donc globalement sans pesticides. L’autre membre du couple a été traité chimiquement et avec des adjuvants microbiens, régulièrement utilisés pour faire du vin industriel. Il s’agit de la situation la plus proche possible que nous ayons trouvée pour isoler les différences entre bactéries et levures des deux groupes d’échantillons.
Résultats
Il existe une grande variabilité dans chaque échantillon. Nous nous sommes concentrés sur l’ADN des levures (19 différentes identifiées) uniques aux vins naturels, inexistantes dans les vins traités aux pesticides. La principale en quantité se trouvait dans le Lot-et-Garonne, Penicillium jiangxiense. Elle possède des capacités antitumorales caractérisées dans d’autres études. Ensuite on a identifié Hyphopichia pseudoburtonii (deuxième ADN le plus présent détecté). Elle possède des performances aromatiques spécifiques appréciées, notamment sur la fermentation alcoolique de la pomme de terre. Cet ADN est également présent dans le microbiote des insectes et des poissons, où il peut jouer un rôle de détoxification. L’ADN d’Antrodia favescens a été retrouvé dans un autre endroit, il est étroitement lié à Antrodia cinnamomea également appelée camphorata. Leur rôle a été évoqué en phytothérapie chinoise notamment contre le cancer, et pour améliorer les maladies métaboliques grâce au microbiote intestinal. La levure Ochrocladosporium elatum a été trouvée dans un autre échantillon par son ADN, et est connue pour ses activités antioxydantes et antibactériennes. D’autre part, il existe évidemment une biodiversité bien plus large dans l’ADN bactérien propre aux vins naturels. Elles contribuent également à leurs goûts et forment un micro-écosystème unique dans chaque biotope, et peuvent avoir des effets bénéfiques sur la santé.
Ceci était le modèle le plus simple et le plus ancestral de fruit fermenté naturel pour connaître le microbiote et ses effets sur la santé. Nous projetons de l’étendre aux fruits et légumes.
L’article avec l’ensemble de ses détails est en anglais et fait l’objet d’une publication scientifique internationale :
Pour le projet 2026, nous recherchons ces levures dans les légumes et fruits non traités.
eQui est le Pr Seralini ?
« Le Professeur des Universités Gilles-Eric Seralini est un chercheur international et auteur sur les effets de la pollution sur la santé; il a démontré spécialement la toxicité cachée et majeure des OGM et pesticides. Les lobbys l’ont diffamé, il a gagné sept procès quand il les a attaqués de 2011 à 2017. Les Monsanto Papers ont révélé leurs actions anormales contre lui. Mais toujours, ils tentent d’altérer tant qu’ils peuvent son profil public et coordonnent des pressions malhonnêtes«
Frontpage
Retrouvez ses séminaires sur www.spark-vie.com
Quelques articles scientifiques récents du Professeur Seralini
Mesnage, R., Douzelet, J. & Seralini, GE. Comparative analysis of fungal and bacterial composition in natural wines and their closest pesticide-treated counterparts. Sci Rep 15, 4877 (2025). https://doi.org/10.1038/s41598-025-88655-4
Seralini, GE., Jungers, G., Andersen, A. et al. Scientists’ warning: we must change paradigm for a revolution in toxicology and world food supply. Environ Sci Eur 37, 182 (2025). https://doi.org/10.1186/s12302-025-01217-3
Seralini GE (2023) The human gut fungiome: Role in physiology and detoxification. J Food Sci Nutr The. 2023; 9(1): 1-7. Available from: 10.17352/jfsnt.000041
Seralini, GE. Update on long-term toxicity of agricultural GMOs tolerant to roundup. Environ Sci Eur 32, 18 (2020). https://doi.org/10.1186/s12302-020-0296-8
Bibliographie du Pr Seralini à retrouver ici
Du côté des autres publications scientifiques
Il existe plusieurs études (principalement in vitro, sur animaux ou mécanismes) sur les propriétés de levures ou de leurs composants (comme le β-glucane de la paroi cellulaire de S. cerevisiae)
Effets anticancéreux :
Effets détoxifiants
Remarques importantes :
- Beaucoup d’études sont précliniques (cellules, animaux).
- Les preuves chez l’humain restent limitées et nécessitent plus de recherches cliniques.
- Le β-glucane de levure est souvent utilisé comme immunostimulant ou adjuvant en oncologie.
- Ces effets dépendent de la souche, de la dose, du mode d’administration (vivante, tuée, extraits) et du contexte
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