Une révolution dans la classification des cancers

IMPORTANT. Les vidéos et articles publiés ne sont pas des incitations médicales. Ce sont des opinions d'experts qui participent aux débats, qu'ils soient scientifique, éthique et/ou médical. La science, la vraie, est la continuelle remise en cause des connaissances. Un consensus scientifique ne peut être que provisoire et n’a donc de légitimité que s’il est exprimé à un moment précis pour une durée limitée et, surtout, que s’il représente un compromis entre tous les courants scientifiques du moment, avec la participation d’experts pouvant avoir des avis divergents

Actualité Science médicale

Si nous nous référons à l‘article de l’Institut Gustave Roussy, paru dans la Revue Nature de janvier 2024 (Nature 626 , 26-29 (2024)), nous assistons à une révolution dans la classification des cancers.

Jusqu’à ce jour les cancers sont classés en fonction de l’organe d’origine de la tumeur (sein, prostate, poumon, rein…)

Cette classification des cancers génère un décalage croissant avec les progrès de l’oncologie de précision, qui utilise le profilage moléculaire des cellules tumorales et immunitaires pour guider les thérapies.

 Par exemple, face à un cancer d’un organe donné, selon que ce dernier sur-exprime le gène HER2 , ou en possède une version mutée, que les  cellules tumorales expriment des niveaux élevés ou non  de récepteurs de la protéine PD-L1, qui aide les cellules cancéreuses à échapper aux attaques du système immunitaire, que des mutations du gène suppresseur de tumeur TP53 sont présentes, selon la présence ou l’absence  de mutations dans les gènes des récepteurs de facteurs de croissance,  les stratégies thérapeutiques à proposer sont différentes pour un même viscère.

Les cancers métastatiques (ceux qui se sont propagés au-delà de l’organe d’origine) représentent environ 67 à 90 % des décès par cancer. Ils sont presque toujours traités de manière systémique, c’est-à-dire avec des médicaments qui pénètrent dans la circulation sanguine.

Pour améliorer les traitements des personnes atteintes d’un cancer métastatique, il faut de toute urgence passer de la classification du cancer basées sur les organes à des classifications moléculaires. Cela nécessitera des changements radicaux dans la manière dont l’oncologie médicale est structurée, menée et enseignée.

Ces classifications moléculaires sont appelées à devenir de plus en plus importantes. L’identification des cibles moléculaires par les médecins leur permet d’adapter au mieux les traitements, passant d’un traitement protocolisé adapté à un organe à un traitement personnalisé adapté à un individu.

Dr Gérard Guillaume